Lega statue

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Lega statue

Ref : sf-948

Lega statue of Congo RDC.

Description

  • Height : 24 cm

Lega statue of Congo RDC. More than 30 years old.

 

Les Lega sont un peuple forestier bantou d'Afrique centrale établi principalement en République démocratique du Congo à l'est de la rivière Lwalaba, jusque dans les altitudes des monts Mitumba, dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Maniema. Le totem de Lega est le pangolin.

L'ancestralisme est vécue comme une mystique où la relation à Dieu est anthropocentrique. Cet anthropocentrisme est fondé sur la centralité de l’homme dans les rapports de l'homme avec Dieu, du monde visible avec le monde invisible. La croissance en humanité est le but ultime de toute quête spirituelle et religieuse. La croissance en humanité est un combat de toute la vie pour vaincre ses propres égoïsmes dans la construction d’un monde des frères. « Ibutwa i ungwa » dit un proverbe Lega ; ce qui signifie, la fraternité, ça se construit ! La vie n’est pas une quête de l’invisible mais une quête permanente de croissance en humanité tout en restant sur les traces de nos Pères. C'est pourquoi toute la vie est une initiation permanente au mystère de la vie à travers une institution initiatique, le Bwami. Il n’y a pas de séparation entre le sacré et le profane, le monde visible et le monde invisible. Tous les éléments de l’univers sont en résonance : le monde de la nature n’est pas coupé de celui de l’homme. Celui de la surnature non plus. D’une part les forces spirituelles peuvent pénétrer de nombreux éléments de l’environnement. D’autre part, les défunts ne partent pas vers un monde lointain et inatteignable : ils sont présents au côté des vivants, les attaquent ou les protègent en même temps qu'ils en dépendent. Il doit donc y avoir unité entre le monde visible et celui de l’invisible. Mais aussi au sein de la société des vivants. L’unité peut ou non se confondre avec l’uniformité. Il n'y a pas de paradis. Il n'y a ni ciel ni enfer. Il n'y a pas de foi en la résurrection des morts parce que les morts ne sont pas morts. Les morts changent de statut d'existence. La vie se termine ici bas car elle se définit comme existence dans la temporalité. Par contre l'existence va même au-delà du temps matériel. La résurrection des morts signifie revenir à la vie de vivants (corps et âme). Un proverbe Lega dit en effet: Lusakila (lusagila) a'uila (akwila) u namba, wa'ua (wakwa) taue (takuke), ce qui signifie, une feuille morte qui tombe d'une branche ne peut jamais y revenir.

L'art Lega regorge d'un trésor historique, culturel varié. Une très grande diversité artistique y est constatée: la sculpture, le statuaire, la vannerie, le tissage, l'esthétique du corps, les armes blanches, ... Dans ces diverses catégories, l'art Lega regorge d'œuvres uniques en leurs genres, d'une richesse historique et artistique immense qui ont suscité de regards admiratifs et attentionnés des connaisseurs de l'art africain.
La sculpture taille des matériaux solides comme le bois (des espèces précieuses précises), l'ivoire, l'os, la corne et la pierre pour créer une pièce unique en une forme originale (masques, figurines, objets divers).
Le statuaire est une classe spécifique des maîtres de l'argile (babumbi), qui fabriquent des statues en argile (figurines de petite dimension). Le statuaire, maître de l'argile, travaille avec des techniques de la taille avec mise aux points.
La vannerie ou l'art de tresser les fibres végétales est très présente et utilisée pour des objets très variés: paniers, corbeilles, mandes, vans, meubles, nattes, .... La vannerie Lega utilise les fibres (dures et lisses), les tigettes, les feuilles de palmier (ibondo, ibila) et les herbes. Les fibres les plus utilisés sont la liane (lububi ou kekele en swahili), le kikusu, le mukala. Le tissage de raphia, lweku, est l'art emblématique de la vannerie Lega. Le raphia, lweku, est la fibre la plus chère et la plus préférée. La matière première de la vannerie est la fibre, la paille, feuilles de palmier, les tigettes, les roseaux, ...
L'esthétique du corps humain est aussi très diversifiée: esthétique de la tête (coiffure), esthétique dentaire, esthétique visuelle corporelle (tatouage).
La forge Lega a produits plusieurs outils qui présente la maîtrise d'une meilleure technique artistique du travail de fer, 'iuma (kyuma), cuivre, subi (nsubi), argent, ngonge, ... Les armes blanches étaient fabriquées avec beaucoup d'esthétique en fonction de leur usage. Au-delà des noms génériques de chaque catégorie, il y a des noms propres liés à la fonction ou à la beauté. Le couteau, mwele est un nom générique. Il y a le mwele wa 'ialo, couteau de cuisine, mwele wa mbosho, couteau à deux tranchants, ... Il y a le rasoir, iubo. La lance, ishimo ou isimu est un nom générique. Il y a le pusu, lance large, ngaka, lance à pique ...

 

Dans une société où il n'y a pas de séparation entre le profane et le sacré, le spirituel et le temporel, où toute la vie de la société baigne dans le religieux, l'art est intimement liée à la spiritualité. Cependant il ne faut pas chercher le religieux ou le sacré partout car le sculpteur produits des meubles il ne faut pas y voir du religieux ou du sacré. Le sculpteur a produit une œuvre et l'usage en fera autre chose. Toute œuvre d'art a une finalité, un objectif. Il n'y a pas de l'art pour l'art. L’art Lega a la volonté de transmettre symboliquement des valeurs artistiques, sociales, morales, spirituelles et philosophiques. La sculpture Lega peut être classé les catégories des ouvrages.
1° Une première catégorie est constituée de bikyeko (masques, statuettes, figurines…), qui servent de support didactique pour transmettre des leçons. Ces œuvres d'art servent de support pour une pédagogie de l'image. La société Lega est une société à initiation où les œuvres d'art sont utilisées comme support didactique dans toutes les séries d'initiations. Chaque œuvre d'art est un livre à décrypter, un code laissé par les ancêtres pour les générations futures. Les symboles servent aux hommes à s'exprimer et à communiquer entre eux, à transcrire et à conserver leur histoire, leurs préceptes juridiques, leurs dévises et leurs pensées philosophiques. Tout message des ancêtres porte un sceau de sacralité, c'est pourquoi il n'est dévoilé qu'au cours d'une cérémonie à travers des rites selon un cérémonial précis. C'est cette cérémonie qu'on appelle Pala (Mpala). Les œuvres d'art de cette première catégorie sont des supports liés à des proverbes, des chants, des aphorismes, des danses et des mises en scène. Ce type d'apprentissage où l'image ou l'objet renvoie à une réalité exprimée à travers des proverbes, des dictons, des énigmes, des devinettes, des contes, des paraboles, ..., récités ou chantés, révèle les méthodes pédagogiques du Bwami. La pédagogie du Bwami est une pédagogie dynamique, participative et mystagogique (qui revient sur le mystère du grade auquel on a été initié). Le symbole et l'image sont au centre du langage initiatique et renferment des messages à décoder dont la connaissance appartient aux seuls initiés de l'institution du Bwami. Le Pala (Mpala) est un culte ouvert à tout public, c'est-à-dire dont certaines cérémonies sont ouvertes aux initiés et non-initiés.
2° Une deuxième catégorie est constituée des myambalo (ornements, objets de cultes…), qui sont des objets rituels, des insignes emblématiques et honorifiques utilisés lors des différentes séries d'initiations. Les objets rituels servent pour l'accomplissement d'un culte bien déterminé. Les insignes emblématiques et honorifiques servent à identifier les membres de la société de Bwami selon leur grade et fonction. Ils sont utilisés pour certains cultes selon le calendrier et les célébrations liturgiques de la société Lega; selon le calendrier liturgique : mbalo (rites d'action de grâce pour la nouvelle lunaison), mwaa (rites de bénédiction de nouvelles récoltes), ubisula ilumba (rite de vénération de crâne)…; selon les lieux de culte: mango (autel de sacrifice domestique), mabuu (sanctuaire familial de reliques des crânes), ngombe (culte du village)…
3° Une troisième catégorie est constituée des bitengya (clochettes, cymbales, trompettes et autres petits instruments de musique ...). Cette catégorie renferme tous les instruments de musique qu'on utilise pour accompagner les chants initiatiques. Ces instruments sont souvent décorés et ornés de sorte qu'ils deviennent des joyaux de l'art Lega. Ce sont les circonstances de l'utilisation de ces bitengya qui leur accordent une signification particulière dans le Pala (Mpala).
L'ancestralité est une religion qui n'a pas de clergé constitué en un corps. La fonction sacerdotale est une des fonctions patriarcales du chef de famille. L’art Lega est intimement lié aux rites initiatiques du Bwami, une société à caste où ce sont les classes supérieures qui dirigent l'institution. Les Bami, membre de l'association du Bwami, sont à la fois des maitres et des mystiques; c'est pourquoi leur personne attire admiration et fait peur, sert de modèle et est stigmatisé. Les Bami, chef de famille, exercent aussi la fonction sacerdotale dans leur famille. Les Bami de la classe de sacrificateur exerce la fonction sacerdotale d'une manière circonstancielle, il s'agit de Basombe, Bakyoka, Bimikya. L'art Lega est intimement lié aux cérémonies et rites initiatiques du Bwami, association hiérarchisée qui définit des rites permettant d'accéder à différents grades correspondant à des degrés de connaissance de plus en plus élevés. Les Lega sont réputés pour leurs sculptures, principalement en ivoire, en os et en bois. Différents styles ont été déterminés en fonction des régions géographiques. L’art Lega présente un style concave, la surface des sculptures est généralement en creux. Il se distingue des autres arts africains (Bembe, Dogon, Fang…) par la sobriété, la souplesse des lignes et l’économie des moyens utilisés. Le bois, l’os et l’ivoire sont les principales matières utilisées. L’art Lega, et de façon générale l’art africain, a influencé les artistes occidentaux. Ce qui les a fasciné c’est ce détachement par rapport à la réalité, les arts africains font dominer la pensée. Le dynamisme est intérieur, il n’y a pas de représentation du mouvement mais une grande force se dégage de ces œuvres

 

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